Comment choisir une caméra endoscopique
Une caméra endoscopique se choisit sur quatre caractéristiques physiques. Aucune des quatre n’est mise en avant sur les fiches produit.
Le diamètre de sonde décide des accès
C’est la seule contrainte absolue. Une sonde qui n’entre pas ne sert à rien, quelle que soit sa qualité optique.
En plomberie domestique, le NF DTU 60.11 fixe les diamètres d’évacuation : 32 mm au minimum pour un lavabo, 40 mm pour une douche ou un évier, 100 mm au minimum pour un WC et pour le collecteur. Mais le diamètre nominal ne dit pas tout : ce sont les coudes serrés d’un siphon qui bloquent une sonde, pas la section droite.
En mécanique, l’accès se fait par le puits de bougie. Les sondes conçues pour cet usage se situent entre 3,9 et 5,5 mm.
La distance minimale de mise au point décide de la netteté
C’est le critère le moins publié et le plus déterminant. L’optique des modèles d’entrée de gamme est à focale fixe, avec une distance optimale souvent située entre 4 et 6 centimètres. En deçà, l’image est floue, quelle que soit la résolution annoncée.
Concrètement, une caméra dont la mise au point commence à 4 centimètres est inutilisable dans une chambre de combustion, où la paroi observée se trouve à quelques millimètres de l’objectif. Vérifiez cette valeur avant de regarder les mégapixels.
La résolution annoncée n’est pas celle du capteur
Le capteur courant sur ce type d’appareil est un CMOS de 2 mégapixels, soit 1920 x 1080 pixels, c’est-à-dire du 1080p.
Les mentions du type 1920P que l’on rencontre sur certaines fiches ne correspondent à aucun format vidéo existant. Les annonces 4K sur un capteur de 2 mégapixels correspondent à une interpolation logicielle : le fichier est plus lourd, l’image n’est pas plus nette.
Le chiffre à chercher est le nombre de mégapixels du capteur, pas la résolution de sortie.
L’indice d’étanchéité garantit moins qu’il n’y paraît
L’indice IP relève de la norme IEC 60529. IP67 signifie étanchéité totale à la poussière et immersion temporaire à 1 mètre pendant 30 minutes. Ces valeurs sont fixées par la norme.
IP68 ne l’est pas. La norme laisse le fabricant définir la profondeur et la durée. Un appareil IP68 peut être qualifié pour 1,5 mètre pendant 2 heures comme pour plusieurs dizaines de mètres en continu. Sans valeurs chiffrées dans la fiche technique, la mention n’engage rien.
Deuxième limite, rarement mentionnée : l’essai IP ne porte que sur l’eau douce. Eau chlorée, détergents, huiles et produits chimiques exigent des essais supplémentaires. Aucune caméra grand public n’est donc certifiée pour une immersion prolongée en eaux usées.
Semi-rigide ou souple
Un câble semi-rigide se plie et conserve la forme donnée. C’est ce qui permet de pousser la sonde et de la diriger dans un conduit.
Un câble souple ne se pousse pas. Au-delà de quelques dizaines de centimètres, il s’affaisse. Sur un collecteur à parcourir sur plusieurs mètres, c’est la rigidité et non la longueur annoncée qui détermine la distance réellement atteinte.
Écran intégré, filaire ou WiFi
L’écran intégré rend l’appareil autonome : rien à installer, rien à appairer, et il reste utilisable dans dix ans.
La liaison filaire USB suppose que le téléphone Android prenne en charge l’OTG, ce qui dépend du modèle. Sur iOS, elle passe par un adaptateur.
La liaison WiFi contourne cette contrainte mais introduit une latence et coupe l’accès à internet pendant l’inspection.
Dans les trois cas où l’appareil dépend d’une application propriétaire, le risque à considérer est l’abandon de cette application : il n’existe pas d’application universelle, et un logiciel retiré rend le matériel inutilisable.
Tête fixe ou orientable
Une tête fixe ne montre que ce qui se trouve dans son axe. Depuis un puits de bougie, cela signifie voir la tête de piston mais pas les soupapes. Dans une canalisation, cela signifie ne pas pouvoir examiner un piquage latéral.
Une tête orientable, dite béquillable, ou un second objectif latéral lèvent cette limite. C’est ce qui justifie l’essentiel de l’écart de prix vers le haut de gamme.